L’accouchement naturel est de plus en plus plébiscité par les femmes enceintes, désireuses de donner naissance à leur enfant sans aide extérieure et sans anesthésie. Un véritable retour aux méthodes ancestrales ! Les femmes sont conscientes de la difficulté de l’accouchement naturel mais ne reculent pas devant le défi. Quelle est la différence entre l’accouchement naturel et l’accouchement par péridurale ? Comment se déroule l’accouchement naturel et comment s’y préparer ? On vous explique tout.  

Qu’est-ce qu’un accouchement naturel / physiologique ?

L’accouchement naturel ou accouchement physiologique est un accouchement démédicalisé, c’est-à-dire sans intervention médicale et sans l’aide de machines. Contrairement à un accouchement classique, les accouchements naturels se font sans anesthésie péridurale. 

L’accouchement avec péridurale a été introduit dans les années 70-80 pour permettre aux femmes de donner naissance sans souffrir. Cependant, il n’est pas sans risque puisqu’il peut s’accompagner d’effets secondaires (vertiges, douleurs lombaires, etc.). De plus, il peut être contre-indiqué dans certains cas, par exemple si la future maman possède des tatouages ou piercings, ou si elle a des antécédents chirurgicaux. L’accouchement naturel est donc de plus en plus plébiscité par les femmes enceintes. 

L’accouchement naturel suppose de faire confiance au corps pour donner naissance sans aide extérieure. Les femmes qui optent pour l’accouchement naturel doivent donc rester active pendant tout l’accouchement, et écouter leur corps jusqu’à ce qu’elles s’adaptent à la douleur. 

L’accouchement naturel n’est pas possible pour toutes les femmes. Par exemple, les femmes qui ont déjà subi une césarienne, ou celles qui ont présenté une pathologie durant la grossesse (hypertension, diabète, etc.) devront privilégier un accouchement avec péridurale. 

Les différentes étapes de votre accouchement naturel

Pour bien se préparer à un accouchement naturel, il faut d’abord savoir comment il se déroule. Voici les différentes étapes d’un accouchement naturel.

Les signes précurseurs de l’accouchement

L’une des étapes les plus importantes est l’identification des signes précurseurs de l’accouchement. Le signe le plus facilement repérable est les contractions : votre ventre se durcit quelques secondes et vous ressentez une douleur intense, mais cela passe assez rapidement. Plus les contractions deviennent fréquentes et régulières, plus vous vous rapprochez de l’accouchement ! 

La perte des eaux

La perte des eaux suit les contractions. Dès que vous perdez les eaux, il faut vous rendre à la maternité, où vous serez prise en charge par votre sage-femme. La première chose à faire est de vérifier la position de votre bébé pour savoir comment mener l’accouchement : la sage-femme le fait en palpant votre ventre. Elle va ensuite s’assurer que votre bébé est en bonne santé, en écoutant les battements de son cœur, puis que votre corps est bien préparé à l’accouchement, en mesurant la hauteur de votre utérus et le niveau d’ouverture de votre col de l’utérus. Dernière vérification à faire avant de passer aux choses sérieuses : la présence (ou non) d’albumine. Cela se vérifie grâce à un test d’urine et à l’évaluation de votre tension. 

L’ouverture du col de l’utérus

Le col de l’utérus est ce qui protège votre bébé des infections extérieures, notamment grâce à une épaisse couche de mucus. Pour l’accouchement, il va devenir plus élastique et s’ouvrir progressivement pour pouvoir faire passer le bébé. Selon les femmes, cette opération peut prendre quelques heures voire une journée ! 

La sortie du bébé

Une fois que le col de l’utérus a atteint une ouverture de 10 cm, les contractions commencent à se faire plus fréquentes (toutes les 3 à 4 minutes) et plus fortes, jusqu’à la rupture de la poche des eaux.  

C’est alors le moment de faire sortir le bébé en poussant du mieux que vous pouvez ! Cette étape, sans péridurale, est particulièrement éprouvante et douloureuse. Chaque contraction fait avancer le bébé de quelques centimètres, jusqu’à ce qu’enfin sa tête sorte et que vous puissiez cesser de pousser. La sage-femme vous guide alors pour reprendre votre souffle.

La délivrance

Une fois le bébé sorti, il ne reste plus qu’à faire sortir le placenta et la membrane de la poche des eaux. Vous devrez pousser à nouveau, sous l’effet de nouvelles contractions, mais moins intensément. Si vous êtes à bout de force, la sage-femme peut vous aider en vous injectant de l’ocytocine après la sortie du bébé : c’est la délivrance dirigée. Elle s’assurera ensuite que tout est bien sorti en palpant votre ventre, et que votre utérus se contracte bien pour stopper l’hémorragie due au détachement du placenta. 

Bien se préparer : 3 exemples de méthodes douces

L’accouchement naturel est plus douloureux qu’un accouchement classique puisqu’il n’y a pas d’anesthésie. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de s’y préparer pour moins souffrir le Jour J ! Voici 3 exemples de méthodes douces pour bien se préparer à l’accouchement naturel.

La préparation à l’accouchement en piscine

La préparation à l’accouchement en piscine permet aux femmes de se préparer à l’accouchement naturel en douceur, et à les aider à se détendre avant l’accouchement. Cette méthode est ouverte à toutes les femmes, même à celles qui ne savent pas nager, puisque la piscine est peu profonde et adaptée à la préparation à l’accouchement. 

Tout est fait pour que la future maman se détende au maximum : l’eau est chauffée entre 28 °C et 34 °C, et les séances de préparation se font en petits groupes, durant une heure en moyenne. L’eau permet d’oublier le poids du corps et les sensations désagréables de la grossesse pour se concentrer sur la sensation de porter la vie. 

Durant les séances de préparation à l’accouchement en piscine, les femmes seront amenées à faire des exercices de tonification et d’assouplissement du corps, notamment les bras, jambes et périnée, pour se préparer à l’accouchement naturel. Les séances se terminent par des exercices de respiration et d’étirement, pour faire retomber la tension et apprendre à gérer son souffle. 

A noter que vous pourrez participer à une séance de préparation à l’accouchement naturel en piscine dès le 4ème mois de votre grossesse, sur certificat médical. Ces séances ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale mais certaines mutuelles en prévoient la prise en charge partielle ou totale. 

Le yoga prénatal

Le yoga prénatal est une autre méthode pour se préparer à l’accouchement naturel en douceur. Comme les séances de préparation en piscine, le yoga prénatal est ouvert à toutes les femmes, que vous ayez ou non déjà pratiqué le yoga. 

Son objectif est de vous préparer autant physiquement que mentalement à l’accouchement, à travers d’une part des exercices physiques doux (apprendre à positionner son bassin pour limiter les douleurs liées à la grossesse par exemple), et d’autre part des exercices de respiration (apprendre à maîtriser son souffle pour atténuer les douleurs liées aux contractions, par exemple). 

Le yoga prénatal peut être pratiqué dès le début de la grossesse.

Les séances se déroulent en petits groupes, les futurs papas étant les bienvenus pour soutenir les futures mamans. Les séances de yoga prénatal peuvent être remboursées par la Sécurité Sociale à partir du 6ème mois de grossesse, lorsqu’elles sont menées par une sage-femme, dans la limite de 8 séances. 

La méthode Bonapace

La méthode Bonapace est une méthode qui mélange acupuncture, massage, postures et respiration. Cette méthode a été théorisée par Julie Bonapace – d’où son nom. Elle est pratiquée par de nombreuses sages-femmes (vous pouvez voir la liste sur le site officiel de la méthode Bonapace).

Durant les séances de préparation suivant la méthode Bonapace, les futurs papas sont les bienvenus. Ce sont eux qui vont appuyer sur les points de pression d’acupuncture (mains, pieds, fessiers), et masser la future maman notamment dans la région lombaire. Cette méthode permet de préparer la future maman à mieux supporter les douleurs de l’accouchement et surtout les contractions. En plus des massages et de l’acupuncture, les séances de préparation à l’accouchement naturel selon la méthode Bonapace incluent des exercices de respiration pour que la future maman apprenne à maitriser la douleur en détournant son attention de sa source. 

Beaucoup de femmes privilégient cette méthode car le futur papa y joue un rôle actif : cela leur permet de se préparer ensemble à la naissance de leur enfant. 

Les séances de préparation à l’accouchement naturel selon la méthode Bonapace sont remboursées par la Sécurité Sociale à partir du 6ème mois, lorsqu’elles sont dispensées par un médecin ou votre sage-femme. Il faut en moyenne 4 séances pour se préparer au mieux. 

Le rôle de votre sage-femme durant votre accouchement naturel

Si la future maman est 100 % active et impliquée dans la naissance de son bébé, la sage-femme joue aussi un rôle crucial dans le bon déroulement de l’accouchement naturel.

En effet, la sage-femme vous suivra dès votre décision de recourir à l’accouchement naturel, en vous accompagnant dans sa préparation et en répondant à vos doutes et angoisses. Non seulement, elle va guider la future maman tout au long de l’accouchement, en lui donnant des conseils pour éviter de perdre connaissance et pour s’habituer progressivement à la douleur ; mais elle va aussi s’assurer que tout se déroule bien à chaque étape de l’accouchement naturel et réagir rapidement en cas de problème. Les gestes de la sage-femme sont doux et rassurants : palper votre ventre, écouter les battements du cœur de votre bébé, prendre votre tension, vous guider doucement dans les étapes de l’accouchement naturel… 

La sage-femme vous procurera donc un soutien non négligeable pour affronter cette épreuve difficile mais indispensable pour donner la vie. 

L’accouchement naturel
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