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Vous êtes enceinte, et une question revient en boucle : qu’est-ce que vous allez percevoir financièrement pendant votre congé maternité ? Entre les indemnités journalières, le maintien de salaire, les conditions à remplir et les démarches à anticiper, le sujet peut sembler opaque. Pourtant, bien comprendre vos droits avant d’accoucher vous évite bien des mauvaises surprises — et vous permet d’aborder cette période sereinement.
En France, le congé maternité est encadré par la loi et ouvre droit à une protection sociale solide. Mais concrètement, le montant que vous toucherez chaque mois dépend de plusieurs facteurs : votre statut professionnel, votre salaire de référence, et les éventuelles dispositions de votre convention collective. Voici ce qu’il faut savoir en 2025.
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Quelle est la durée du congé maternité en 2025 ?
La durée du congé maternité varie selon le rang de l’enfant et la situation familiale. Pour un premier ou deuxième enfant, il est de 16 semaines au total : 6 semaines avant la date présumée d’accouchement (congé prénatal) et 10 semaines après (congé postnatal). À partir du troisième enfant, la durée passe à 26 semaines.
En cas de grossesse multiple, les durées s’allongent significativement. Pour des jumeaux, le congé est de 34 semaines ; pour des triplés ou plus, il monte à 46 semaines. Ces durées sont fixées par le Code de la Sécurité sociale et ne peuvent pas être réduites par l’employeur.
Peut-on modifier les dates de congé ?
Oui, dans une certaine mesure. Il est possible de reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal sur le congé postnatal, sous réserve d’un avis médical favorable. Concrètement, cela signifie que vous pouvez continuer à travailler plus longtemps avant l’accouchement, tout en bénéficiant d’un congé postnatal plus long. Certaines femmes font ce choix pour des raisons professionnelles ou personnelles — mais cela nécessite une consultation avec votre médecin ou sage-femme, car votre état de santé reste la priorité.
Comment est calculé votre salaire pendant le congé maternité ?
Pendant le congé maternité, vous ne percevez plus directement votre salaire de votre employeur. Ce sont les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) versées par l’Assurance Maladie qui prennent le relais. Le calcul se base sur la moyenne de vos trois derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt de travail, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS).
En 2025, le plafond journalier des IJSS maternité est fixé à environ 100,36 euros bruts par jour (soit le plafond journalier de la Sécurité sociale). Sur ce montant, des cotisations sociales s’appliquent (CSG et CRDS), ce qui réduit légèrement le net perçu. Pour une femme dont le salaire dépasse ce plafond, les IJSS seront donc inférieures à son salaire habituel, sauf si sa convention collective prévoit un complément.
Le maintien de salaire par l’employeur
C’est là que la situation varie selon les entreprises. Beaucoup de conventions collectives — notamment dans la fonction publique, les grandes entreprises ou certains secteurs comme la banque ou l’assurance — prévoient un maintien total ou partiel du salaire pendant le congé maternité. L’employeur verse alors un complément aux IJSS pour atteindre 100 % du salaire net habituel, parfois même en maintenant les primes ou l’ancienneté.
Si votre convention collective ne prévoit rien de tel, vous percevrez uniquement les IJSS. Vérifiez ce point auprès de votre service RH dès le début de votre grossesse : cela vous permet d’anticiper d’éventuels ajustements budgétaires.
À retenir
- Le congé maternité dure 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant (6 semaines avant + 10 après l’accouchement).
- Vous percevez des indemnités journalières de la Sécurité sociale, plafonnées à environ 100,36 €/jour bruts en 2025.
- Votre employeur peut compléter ces indemnités jusqu’à votre salaire habituel, selon votre convention collective.
- Les démarches doivent être faites auprès de votre CPAM, idéalement dès le 5e ou 6e mois de grossesse.
- Salariées, indépendantes, fonctionnaires : les règles diffèrent selon votre statut — renseignez-vous spécifiquement.
Quelles sont les conditions pour bénéficier des indemnités maternité ?
Pour percevoir les IJSS maternité, plusieurs conditions doivent être réunies. Vous devez être affiliée à l’Assurance Maladie et justifier d’un certain nombre d’heures travaillées ou d’un montant de cotisations sur les mois précédant l’arrêt.
Concrètement, pour une salariée, il faut avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois (ou 90 jours) précédant le début du congé prénatal, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 derniers mois. Ces seuils peuvent sembler techniques, mais la grande majorité des femmes en emploi y répondent sans difficulté.
En revanche, si vous avez eu une période d’inactivité récente, si vous êtes en contrat court ou en alternance, il peut être utile de vérifier votre éligibilité directement auprès de votre CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie).
Cas particuliers : indépendantes, auto-entrepreneuses, fonctionnaires
Le régime général concerne les salariées du secteur privé, mais d’autres statuts ont leurs propres règles.
Les travailleuses indépendantes et auto-entrepreneuses
Depuis 2019, les travailleuses indépendantes bénéficient d’un congé maternité renforcé, aligné progressivement sur celui des salariées. Elles perçoivent une allocation forfaitaire de repos maternel, versée en deux fois (avant et après l’accouchement), ainsi que des indemnités journalières si elles cessent leur activité pendant au moins 8 semaines. Le montant de ces indemnités dépend du revenu annuel moyen déclaré. Pour les micro-entrepreneuses dont les revenus sont faibles ou irréguliers, ces montants peuvent rester modestes — d’où l’importance d’anticiper financièrement.
Les fonctionnaires
Dans la fonction publique, le congé maternité est pris en charge différemment : la fonctionnaire conserve l’intégralité de son traitement pendant toute la durée du congé, sans passer par l’Assurance Maladie. C’est l’administration employeuse qui maintient le salaire directement. La durée du congé est identique à celle du secteur privé, et les conditions sont globalement plus favorables, notamment en cas de congé pathologique.
Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), près de 760 000 naissances ont lieu chaque année en France, et l’immense majorité des mères salariées bénéficient des indemnités journalières maternité — un filet de protection sociale parmi les plus complets d’Europe.
Les démarches à effectuer pour percevoir vos indemnités
Les démarches sont relativement simples, mais elles doivent être effectuées dans les temps pour éviter des retards de paiement.
La première étape consiste à déclarer votre grossesse avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée, auprès de votre CPAM et de la CAF. Cette déclaration déclenche vos droits à l’ensemble des prestations maternité. Vient ensuite la transmission de l’avis d’arrêt de travail pour maternité, établi par votre médecin ou sage-femme, à votre employeur (dans les 48 heures) et à votre CPAM.
Votre employeur informe alors la CPAM de votre dernier jour travaillé, ce qui permet le calcul et le déclenchement du versement des IJSS. Dans la plupart des cas, les indemnités sont versées toutes les deux semaines directement sur votre compte bancaire.
Et si l’employeur pratique la subrogation ?
Certains employeurs pratiquent ce qu’on appelle la subrogation : ils continuent à vous verser votre salaire habituel et perçoivent eux-mêmes les IJSS de la CPAM en remboursement. Dans ce cas, vous ne voyez aucune différence sur votre fiche de paie — ce qui est souvent rassurant. Vérifiez si c’est le cas dans votre entreprise, car cela simplifie grandement le suivi administratif.
Grossesse pathologique et arrêt maladie avant le congé maternité
Si votre état de santé nécessite un arrêt de travail avant le début officiel du congé prénatal, vous basculerez sur un arrêt maladie classique. Les indemnités journalières maladie sont soumises à un délai de carence de 3 jours (sauf convention collective plus favorable) et leur montant peut différer légèrement des IJSS maternité.
Il existe cependant un congé pathologique prénatal spécifique, d’une durée maximale de 2 semaines, prescrit par un médecin en cas de grossesse à risque. Ce congé est indemnisé au même titre que le congé maternité, sans délai de carence. Il peut précéder le congé prénatal classique et se cumule avec lui — ce qui porte la durée totale d’absence à 18 semaines dans ce cas.
Prendre le temps de bien comprendre vos droits avant l’arrivée de votre bébé, c’est aussi une façon de prendre soin de vous. Le congé maternité est une période précieuse — pour votre récupération physique, le lien avec votre enfant, et votre équilibre global. Avec les bonnes informations en poche, vous pouvez l’aborder sans stress financier inutile. Et si vous avez le moindre doute sur votre situation personnelle, votre CPAM, votre assistante sociale de maternité ou votre service RH sont là pour vous accompagner.

