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Vous attendez un bébé, et forcément, les questions pratiques arrivent très vite. Parmi elles, une revient souvent avec une pointe d’anxiété : qu’est-ce que je vais percevoir pendant mon congé maternité ? La réponse n’est pas toujours simple, parce qu’elle dépend de votre statut, de votre salaire, de votre employeur… et parfois de détails administratifs qui peuvent faire une vraie différence sur votre compte en banque.
Ce qu’on sait moins, c’est que le système français de congé maternité est l’un des plus protecteurs d’Europe. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières pendant toute la durée de l’arrêt, et certains employeurs complètent ce revenu pour maintenir le salaire à 100 %. Mais encore faut-il comprendre comment tout cela fonctionne pour anticiper sereinement cette période.
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Durée légale, calcul des indemnités, conditions pour en bénéficier, démarches à effectuer : voici tout ce que vous devez savoir sur le salaire pendant le congé maternité en 2025.
Quelle est la durée du congé maternité en 2025 ?
La durée légale du congé maternité varie selon le rang de la grossesse et le nombre d’enfants déjà à charge. Pour un premier ou deuxième enfant, le congé est fixé à 16 semaines au total : 6 semaines avant la date présumée d’accouchement (congé prénatal) et 10 semaines après (congé postnatal).
À partir du troisième enfant, la durée s’allonge à 26 semaines, dont 8 semaines avant et 18 semaines après la naissance. En cas de grossesse gémellaire, le congé passe à 34 semaines, et à 46 semaines pour une naissance de triplés ou plus. Ces durées sont des minima légaux : certaines conventions collectives prévoient des dispositions plus favorables.
Peut-on modifier la répartition des semaines ?
Oui, avec accord médical. Il est possible de reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal sur le congé postnatal, ce qui permet de travailler plus longtemps avant l’accouchement et de profiter de plus de temps avec bébé ensuite. Cette option demande une prescription médicale et une déclaration auprès de la CPAM.
En cas d’accouchement prématuré survenant avant le début du congé prénatal, les semaines non prises s’ajoutent automatiquement au congé postnatal. À l’inverse, si l’accouchement a lieu après la date prévue, le congé prénatal se prolonge d’autant, sans que cela ne raccourcisse le congé postnatal.
Comment est calculé le salaire pendant le congé maternité ?
Pendant le congé maternité, vous ne percevez plus votre salaire habituel de la part de votre employeur. C’est la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) qui prend le relais en versant des indemnités journalières de maternité (IJM). Le montant dépend directement de vos revenus des mois précédents.
Le calcul des indemnités journalières
L’indemnité journalière est calculée sur la base du salaire brut des 3 derniers mois précédant le début du congé prénatal (ou des 12 derniers mois pour les salariées en CDD saisonnier ou à revenus irréguliers). On divise ce total par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de référence, auquel on applique un taux de 100 % — mais plafonné.
En 2025, le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) est fixé à 3 925 euros bruts. L’indemnité journalière maximale est donc d’environ 100,36 euros par jour. Concrètement, si votre salaire brut dépasse ce plafond, votre indemnité sera plafonnée à ce montant, quel que soit votre revenu réel.
À ce montant brut, il faut soustraire la CSG et la CRDS (environ 6,7 % au total), ce qui donne une indemnité nette légèrement inférieure. Sur un mois complet, l’indemnité nette maximale tourne autour de 2 800 à 2 900 euros selon les situations.
Le maintien de salaire par l’employeur
La loi n’oblige pas l’employeur à compléter les indemnités journalières pour atteindre 100 % du salaire net. Mais de nombreuses conventions collectives (fonction publique, banques, grandes entreprises, secteur hospitalier…) prévoient ce maintien intégral. Avant votre départ en congé, vérifiez votre convention collective ou votre accord d’entreprise : c’est souvent là que se jouent plusieurs centaines d’euros par mois.
Dans ce cas, l’employeur avance le salaire complet et se fait rembourser les indemnités journalières par la CPAM via le mécanisme de subrogation. Pour vous, le fonctionnement est transparent : vous continuez à recevoir votre salaire habituel sur votre compte.
À retenir
- Le congé maternité dure 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, 26 semaines à partir du 3e.
- Les indemnités journalières sont calculées sur vos 3 derniers mois de salaire brut, avec un plafond lié au PMSS.
- Le montant maximal tourne autour de 100 euros nets par jour en 2025.
- Votre employeur peut (mais n’est pas obligé légalement) compléter ces indemnités pour maintenir votre salaire à 100 % — vérifiez votre convention collective.
- La demande d’indemnités doit être faite auprès de votre CPAM avant le début du congé prénatal, via votre espace Ameli.
Quelles sont les conditions pour percevoir ces indemnités ?
Pour bénéficier des indemnités journalières de maternité, il faut remplir plusieurs conditions cumulatives au moment du début du congé prénatal. Ces critères sont vérifiés par votre CPAM et conditionnent l’ouverture de vos droits.
Vous devez être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois, avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l’arrêt (ou 600 heures sur les 12 derniers mois), et avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 derniers mois. Ces seuils sont accessibles pour la grande majorité des salariées à temps plein, mais peuvent poser problème pour des salariées à très faible temps partiel ou ayant eu des périodes d’inactivité récentes.
Les travailleuses indépendantes, artisanes, commerçantes et professions libérales ont également droit à des indemnités maternité, mais le calcul diffère : il se base sur le revenu annuel déclaré, avec des montants souvent moins élevés que pour les salariées. Depuis 2019, une réforme a amélioré les droits des indépendantes, notamment en allongeant la durée minimale d’arrêt obligatoire.
Les démarches à effectuer avant et pendant le congé
La première étape, souvent oubliée, est la déclaration de grossesse à votre CPAM avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée. Cette démarche ouvre vos droits à l’ensemble du suivi pris en charge à 100 % et enclenche le versement des indemnités futures.
Pour déclencher le versement des indemnités journalières, votre médecin ou sage-femme remet un certificat médical prénatal à transmettre à la CPAM. Votre employeur doit de son côté envoyer une attestation de salaire, document indispensable au calcul de vos indemnités. Idéalement, signalez à votre service RH la date de début de votre congé dès que vous la connaissez pour éviter tout retard de traitement.
Depuis quelques années, la plupart de ces démarches peuvent se faire directement sur votre espace Ameli, ce qui simplifie considérablement le suivi. Pensez à vérifier régulièrement que vos pièces ont bien été reçues et traitées — un document manquant peut retarder le premier versement de plusieurs semaines.
« Le délai moyen de traitement d’un dossier de maternité à la CPAM est de 15 à 30 jours. Anticiper les démarches administratives dès le 7e mois de grossesse permet d’éviter les situations de rupture de revenus au moment du départ en congé. » — Assurance Maladie
Ce que le congé maternité ne couvre pas : ce qu’il faut anticiper
Même avec un maintien de salaire à 100 %, certains éléments de rémunération peuvent ne pas être intégralement conservés pendant le congé maternité. Les primes variables, les commissions liées à l’activité, les avantages en nature ou encore les tickets restaurant peuvent être suspendus selon les accords d’entreprise. Il vaut mieux se renseigner auprès des RH bien avant le départ pour ajuster son budget en conséquence.
Par ailleurs, le congé maternité est pris en compte dans le calcul des droits à la retraite : les trimestres sont validés normalement, et cette période ouvre droit à une majoration de durée d’assurance de 8 trimestres par enfant (4 au titre de la maternité, 4 au titre de l’éducation). C’est un avantage souvent méconnu, mais réel.
Enfin, si vous envisagez de prendre un congé parental à l’issue du congé maternité, sachez que le statut change radicalement : vous ne percevrez plus d’indemnités de la CPAM mais éventuellement la Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant (PreParE) versée par la CAF, dont le montant est nettement plus faible. Anticiper cette transition est essentiel pour la gestion financière du foyer.
Le congé maternité représente bien plus qu’une simple pause professionnelle : c’est une protection légale construite pour permettre aux femmes d’accoucher et de débuter la vie avec leur enfant sans mettre en péril leur équilibre financier. Comprendre ses droits en amont, vérifier les spécificités de sa convention collective et anticiper les démarches administratives sont les meilleures façons d’aborder cette période l’esprit serein — pour se consacrer pleinement à ce qui compte vraiment.

